Renaissance.
Film franco-anglo-luxembourgeois réalisé par Christian Volckman. Ce film est sorti le 15 Maris 2006. Le scénario a été écrit par Alexandra de la Patellière.
Film franco-anglo-luxembourgeois réalisé par Christian Volckman. Ce film est sorti le 15 Maris 2006. Le scénario a été écrit par Alexandra de la Patellière.
Après avoir mené ses études secondaires aux Etats-Unis, Christian Volckman rentre en 1989 à l'Ecole Supérieure d'Arts Graphiques, où il étudie le dessin, la peinture et la photographie. Il réalise son premier court-métrage d'animation, Le cobaye, en 1994, lors de sa dernière année d'école. En 1995, il apporte son soutien dans la création de jeux vidéos, comme Rayman, puis réalise deux clips vidéo : « Le jardinier dort » de Charlélie Couture et « Paris-sur-mer » de Love Bizarre. En 1999, il crée Maaz, son second court-métrage d'animation, qui rencontre un franc succès. Il ne remporte pas moins de 32 prix dans différents festivals, et se fait même nominer aux oscars en 2002. Maaz est donc un film de science-fiction, tourné tout en super-16, sur fond bleu, qui aura pris 3 ans à être réalisé. Pendant ce succès, Christian Volckman pense déjà à son prochain film qui sera présenté à Cannes en 2004 : Renaissance.
En 2054, Ilona Tasuiev, une jeune scientifique travaillant pour la toute-puissante société de l'époque, Avalon, et dont les publicités inondent la ville, est enlevée par un inconnu au milieu de Paris. L'inspecteur Karas est chargé de la retrouver...Son enquête nous mènera dans le passé jusqu'en 2006. À cette époque, les recherches du professeur Jonas Muller, dont le frère est atteint de la progeria, sur le génome humain furent abandonnées alors qu'elles devaient conduire à l'immortalité. En 2054, Ilona Tasuiev découvre le secret du professeur Muller. Mais ce secret est également convoité par la société Avalon et Paul Dellenbach son vice-président. L'inspecteur Karas, se plongeant comme il le peut dans la vie d'Ilona finit par retrouver sa trace et découvrir que sa seule motivation était, comme ses poursuivant, la recherche de l'immortalité. Ne pouvant se résoudre à voir un monde corrompu à ce point, l'inspecteur Karas fait le dur choix de tuer Ilona pour conserver le secret de la vie éternelle.
Ce film est un film d'animation de science-fiction qui se déroule dans un Paris de 2054 assez sombre, hanté par la technique. Le film est en noir et blanc, mais il s'agit d'un noir et blanc particulier, qui n'utilise presque aucune gamme de gris, ce qui crée des images très en contraste. Dans la dernière partie du film, des implants de couleur rappelant Sin City apparaissent. La technique utilisée pour la réalisation de ce fil ma été le motion-capture, c'est-à-dire que les mouvements d'un comédien ont été enregistrés, puis utilisés pour animer un personnage virtuel, ce qui permet de réaliser des plans insolites, comme dans les bandes dessinées ou encore les jeux vidéos, tout en gardant un détail très réaliste. Ce film est entièrement linéaire e et la musique est assez présente, surtout lors des scènes d'« action ».
Comment le thème de la ville est-il abordé dans ce film ? C'est simple : il s'agit du décor, et pas n'importe lequel, un décor vital au film. En effet, sans ce Paris futuriste, le film perd un de ses plus gros atouts. On aurait vu le même film se passant actuellement dans une petite ville, il n'y aurait eu que très peu d'intérêt. La ville est partout. On y est depuis la première image à la dernière, même si on trouve des passages à la campagne, il ne faut pas croire : ils sont produits dans des buildings, et nous simulent simplement l'impression d'y être. Bien loin des Villes Tentaculaires d'Emile Verhaeren, ici on ne peut sortir de la ville : elle ne s'étend pas sur des milliers de kilomètres, mais a contenu son expansion et on pourrait même penser à un barrage interdisant quiconque de quitter le centre. Ce faisant, il a donc fallu exploiter les entrailles de Paris, son sous-sol, ayant ainsi été creusé sur des centaines de mètres. Tout ce petit continent semble aussi labyrinthique et incertain que le dédale du Minotaure : une prison à ciel ouvert. De plus, le film se déroulant en 2054, il y a un côté futuriste qui a envahi Paris, et surtout qui justifie le film. Les voitures ne volent pas, mais on sent bien qu'il leur manque peu pour décoller lorsque la publicité - omniprésente - se fait depuis des écrans plasma géants au milieu de Châtelet. Tout reste cohérent et crédible. Nos héros évoluent donc dans ce décor que l'on découvre, qui semble fascinant au début, mais qui se révèle très rapidement cauchemardesque et envahissant. Même si le film connaît de nombreux défauts, comme les dialogues entre les personnages qui sonnent le plus souvent faux, l'intrigue faussement naïve, facile et déjà-vue, les clichés de la corruption et de l'histoire d'amour, il y a tout l'aspect visuel que l'on ne peut absolument pas négliger et qui rattrape ce film. Disons que les images face au scénario permettent d'équilibrer la balance. Il est quand même indéniable que ce noir et blanc est sublime. Le fait de jouer sur les contrastes vient justement renforcer le sentiment d'insécurité et de saleté de ce Paris futur. Même si on ne voit pas la couleur de la Seine dans son lit en verre transparent artificiel, on pourrait jurer qu'elle est noire de pollution. De plus, ce noir et blanc permet une toute autre approche du film, qui, je dirais, est presque une approche novatrice. En effet, avec ce film on peut voir le cinéma comme on ne l'a jamais vu auparavant. Je m'explique en prenant un exemple simple : au début du film, une femme est dans une boîte de nuit et ressent un profond malaise. Elle n'a plus aucun repère et ne sais plus où elle est. Et bien ce malaise est totalement retransmit au spectateur, qui lui aussi perd ses repères à chaque coup de stroboscope, qui fait passer l'écran du tout noir au tout blanc, sans jamais devenir brouillon. Le travail effectué est donc très important, et rien n'est laissé au hasard, puisque tous les détails sont pris en compte, du petit nuage des pot d'échappement, aux reflets sur les vitres. Néanmoins, ce travail ne s'arrête pas ici puisque, comme nous le disions tout à l'heure, nous sommes en 2054, et à Paris de surcroît, donc tout a été mis en ½uvre pour rendre une version de Paris à la fois futuriste, mais à la fois crédible. Ici, pas de voiture roulant à la verticale comme dans le Washington de 2054 (tiens donc !) de Minority Report. Non. Ici, il y a la Seine qui coule sur un viaduc transparent, Montmartre et son Sacré-c½ur, toujours à son poste, mais dorénavant entouré de caméras ultraperformantes, ou encore les stations de métro ayant subi un petit lifting (il y a d'ailleurs une longue course-poursuite dans le métro, et notamment aux Abesses) et rongées par la publicité. La publicité quant à elle, parlons-en ! Comme tout est toujours très bien pensé, on peut apercevoir des publicités « Fnac », « Citroën » ou encore « le Monde » plus vraies que nature. Normal me direz-vous, vu que ces marques ont travaillé en collaboration avec Christian Volckman, et que, par exemple Citroën a proposé à ses designers de créer pour ce film en exclusivité des voitures futuristes, mais, encore une fois, crédibles. Et ceci a été appliqué pour chaque moindre détail. C'est donc ainsi que Paris incarne un personnage à part entière, un personnage à la fois omniprésent et invisible. Nous, spectateur, nous fondons dedans et y croyons de toute notre force. Ce sentiment est en plus amplifié avec le noir et blanc si particulier qui nous happe littéralement au c½ur de la ville. Non, il aurait vraiment été impossible de concevoir ce film sans la ville. Lui retirer la ville c'est lui retirer son âme, et là, ce n'est juste pas possible. Le film et la ville ne font qu'un.
En 2054, Ilona Tasuiev, une jeune scientifique travaillant pour la toute-puissante société de l'époque, Avalon, et dont les publicités inondent la ville, est enlevée par un inconnu au milieu de Paris. L'inspecteur Karas est chargé de la retrouver...Son enquête nous mènera dans le passé jusqu'en 2006. À cette époque, les recherches du professeur Jonas Muller, dont le frère est atteint de la progeria, sur le génome humain furent abandonnées alors qu'elles devaient conduire à l'immortalité. En 2054, Ilona Tasuiev découvre le secret du professeur Muller. Mais ce secret est également convoité par la société Avalon et Paul Dellenbach son vice-président. L'inspecteur Karas, se plongeant comme il le peut dans la vie d'Ilona finit par retrouver sa trace et découvrir que sa seule motivation était, comme ses poursuivant, la recherche de l'immortalité. Ne pouvant se résoudre à voir un monde corrompu à ce point, l'inspecteur Karas fait le dur choix de tuer Ilona pour conserver le secret de la vie éternelle.
Ce film est un film d'animation de science-fiction qui se déroule dans un Paris de 2054 assez sombre, hanté par la technique. Le film est en noir et blanc, mais il s'agit d'un noir et blanc particulier, qui n'utilise presque aucune gamme de gris, ce qui crée des images très en contraste. Dans la dernière partie du film, des implants de couleur rappelant Sin City apparaissent. La technique utilisée pour la réalisation de ce fil ma été le motion-capture, c'est-à-dire que les mouvements d'un comédien ont été enregistrés, puis utilisés pour animer un personnage virtuel, ce qui permet de réaliser des plans insolites, comme dans les bandes dessinées ou encore les jeux vidéos, tout en gardant un détail très réaliste. Ce film est entièrement linéaire e et la musique est assez présente, surtout lors des scènes d'« action ».
Comment le thème de la ville est-il abordé dans ce film ? C'est simple : il s'agit du décor, et pas n'importe lequel, un décor vital au film. En effet, sans ce Paris futuriste, le film perd un de ses plus gros atouts. On aurait vu le même film se passant actuellement dans une petite ville, il n'y aurait eu que très peu d'intérêt. La ville est partout. On y est depuis la première image à la dernière, même si on trouve des passages à la campagne, il ne faut pas croire : ils sont produits dans des buildings, et nous simulent simplement l'impression d'y être. Bien loin des Villes Tentaculaires d'Emile Verhaeren, ici on ne peut sortir de la ville : elle ne s'étend pas sur des milliers de kilomètres, mais a contenu son expansion et on pourrait même penser à un barrage interdisant quiconque de quitter le centre. Ce faisant, il a donc fallu exploiter les entrailles de Paris, son sous-sol, ayant ainsi été creusé sur des centaines de mètres. Tout ce petit continent semble aussi labyrinthique et incertain que le dédale du Minotaure : une prison à ciel ouvert. De plus, le film se déroulant en 2054, il y a un côté futuriste qui a envahi Paris, et surtout qui justifie le film. Les voitures ne volent pas, mais on sent bien qu'il leur manque peu pour décoller lorsque la publicité - omniprésente - se fait depuis des écrans plasma géants au milieu de Châtelet. Tout reste cohérent et crédible. Nos héros évoluent donc dans ce décor que l'on découvre, qui semble fascinant au début, mais qui se révèle très rapidement cauchemardesque et envahissant. Même si le film connaît de nombreux défauts, comme les dialogues entre les personnages qui sonnent le plus souvent faux, l'intrigue faussement naïve, facile et déjà-vue, les clichés de la corruption et de l'histoire d'amour, il y a tout l'aspect visuel que l'on ne peut absolument pas négliger et qui rattrape ce film. Disons que les images face au scénario permettent d'équilibrer la balance. Il est quand même indéniable que ce noir et blanc est sublime. Le fait de jouer sur les contrastes vient justement renforcer le sentiment d'insécurité et de saleté de ce Paris futur. Même si on ne voit pas la couleur de la Seine dans son lit en verre transparent artificiel, on pourrait jurer qu'elle est noire de pollution. De plus, ce noir et blanc permet une toute autre approche du film, qui, je dirais, est presque une approche novatrice. En effet, avec ce film on peut voir le cinéma comme on ne l'a jamais vu auparavant. Je m'explique en prenant un exemple simple : au début du film, une femme est dans une boîte de nuit et ressent un profond malaise. Elle n'a plus aucun repère et ne sais plus où elle est. Et bien ce malaise est totalement retransmit au spectateur, qui lui aussi perd ses repères à chaque coup de stroboscope, qui fait passer l'écran du tout noir au tout blanc, sans jamais devenir brouillon. Le travail effectué est donc très important, et rien n'est laissé au hasard, puisque tous les détails sont pris en compte, du petit nuage des pot d'échappement, aux reflets sur les vitres. Néanmoins, ce travail ne s'arrête pas ici puisque, comme nous le disions tout à l'heure, nous sommes en 2054, et à Paris de surcroît, donc tout a été mis en ½uvre pour rendre une version de Paris à la fois futuriste, mais à la fois crédible. Ici, pas de voiture roulant à la verticale comme dans le Washington de 2054 (tiens donc !) de Minority Report. Non. Ici, il y a la Seine qui coule sur un viaduc transparent, Montmartre et son Sacré-c½ur, toujours à son poste, mais dorénavant entouré de caméras ultraperformantes, ou encore les stations de métro ayant subi un petit lifting (il y a d'ailleurs une longue course-poursuite dans le métro, et notamment aux Abesses) et rongées par la publicité. La publicité quant à elle, parlons-en ! Comme tout est toujours très bien pensé, on peut apercevoir des publicités « Fnac », « Citroën » ou encore « le Monde » plus vraies que nature. Normal me direz-vous, vu que ces marques ont travaillé en collaboration avec Christian Volckman, et que, par exemple Citroën a proposé à ses designers de créer pour ce film en exclusivité des voitures futuristes, mais, encore une fois, crédibles. Et ceci a été appliqué pour chaque moindre détail. C'est donc ainsi que Paris incarne un personnage à part entière, un personnage à la fois omniprésent et invisible. Nous, spectateur, nous fondons dedans et y croyons de toute notre force. Ce sentiment est en plus amplifié avec le noir et blanc si particulier qui nous happe littéralement au c½ur de la ville. Non, il aurait vraiment été impossible de concevoir ce film sans la ville. Lui retirer la ville c'est lui retirer son âme, et là, ce n'est juste pas possible. Le film et la ville ne font qu'un.
