*
Et pourquoi ce serait différent ? C'est toujours pareil. Je le sais, mais je continue. Travailler puis retourner en cours ça apporte que du mauvais. Mais putain pourquoi est-ce que je le prends si mal à chaque fois ?!
C'est pourtant pas si révolutionnaire, et pourtant...
Alors on y va pasqu'on est obligé. On se lève le matin, mais on arrive pas à se réveiller pasqu'on est démotivé. On se pointe en cours pasqu'on est obligé. On cotoie des gens dont on n'a que faire, pasque c'est mieuX que de réster tout seul. On fait aucun effort pour les connaître, pasqu'on est profondemment mal. On rentre chez soi encore plus épuisé, pasque c'est usant ce putain de lycée. Et là, quand on te propose de faire quelque chose, tu refuses, et finis par bousiller les derniers liens qui eXistent avec l'eXtérieur, avec des gens que tu aimes, avec qui tu as passé tellement de temps et d'amour. Pasque c'est comme ça.
Je suis une sorte d'handicapé, incapable de faire autrement ce qu'il fait.
Je me sens pétrifié. Pas de peur, plutôt comme une statue. Je suis coincé, stucK. J'arrive pas à avancer, à aller de l'avant. Et pourtant j'en ai des possibilités. Faire des rencontres, découvrir de nouvelles choses, mais non. Une sorte d'état lethargique (auto-)déstructeur. Et puis quand je me dis que trouver un copain pourrait peut-être m'aider, je me rends compte que c'est juste pas possible, puisqu'en ce moment je suis invivable. Je suis vraiment coincé de tous côtés. Et je vois le temps qui passe à tout vitesse, sans pouvoir bouger mon putain de petit doigt.
Et puis c'est l'air du temps. Personne le dit, mais tout le monde le sait. Les vacances de Pâques étant passées, on sait qu'il n'y plus de vacances et que la prochaine étape est le BAC. Que donc, c'est les derniers moments, que le lycée on va bientôt lui dire adieu. Par eXtansion Avignon aussi. Et puis y'a aussi toutes ces insciptions, jusqu'à en s'en rendre malade. Voir les gens s'orienter, avoir des convictions, savoir où ils vont aller, savoir ce qu'ils vont faire, savoir ce qu'ils vont gagner comme argent, alors que toi tu rèstes planté là, à attendre. On risque de perdre tous les repères jusqu'à présent établis. Ok, c'est p'tête pas si terrible, mais quand même, c'est pas négligeable. Ca va prendre une part importante de la vie à venir. Tout reconstruire encore et encore. Pour tout effacer et reconstruire encore et encore. Et sur ce chemin sans fin, viens, on y va nous aussi...
(Je suis enfermé dans les libertés de ma propre vie. Si ma liberté s'arrête là où commence celle des autres, je serais bien tenté d'aller faire un tour chez les autres, mais je suis même pas sûr de pouvoir y trouver de quoi me satisfaire.)
Et puis regarder aussi ces gens se bouger pour sauver l'éducation. Peut-être que c'est bien d'avoir des convictions comme ça. Peut-être qu'il faudrait que j'y prenne part. Mais ça semble bien ridicule vu d'ici. Et pendant ce temps-là, la loi sur les OGM est en train de passer sans que personne ne cligne des yeuX, alors que ça me met hors de moi, et me hérisse les cheveuX sur la tête. Mais tout le monde s'en fout. Les postes dans l'Education Nationale sauvés par les élèves c'est bien plus important que savoir que si cette loi passe, c'est la porte ouvèrte à la surpuissance d'une multinationale avec la disparition du naturel et des plans modifiés par défaut. Une reconnaissance à vie, sur plusieurs générations. Mais bien sûr on s'en fout. Et tout ce petit bout de monde s'agitte sans cohérence, en criant dans toutes diréctions, comme une fourmiliére vue du dessus en mode sound off. Et sur ce va et vient sans fin, viens, on y va nous aussi...
Et parallèlement; on essaye de notre mieuX de reconstuire notre vie. Quand quelqu'un s'en va, on le remplace. Des fois c'est mieuX. Des fois moins bien. Si c'est moins bien, on le fait s'en aller, encore. Et encore. On rebatit notre château sur ses failles. On trimbale nos vies cabossées en essayant de faire avec en se disant qu'après tout c'est pour tout l'monde pareil. Qu'il faut pas se laisser abbatre. On se dit aussi qu'avec le temps et l'eXpérience tout n'ira que mieuX. Sauf que non. A force d'avancer, j'ai tendance à regarder en arrière, et ce, de plus en plus. Il n'est plus rare de m'entendre parler d'il y a 2, 3, voir 5 ans en arrière. Est-ce que tout était mieuX ? J'en suis même pas sûr, puisque j'ai eu de nombreuX problèmes, mais, je sais pas, je me trouvais mieuX avant. J'étais certes plus jeune, mais plus vrai. Je fesais tout comme je le sentais. Si j'avais pas envie de faire quelque chose je le fesais pas. Si j'avais envie de faire quelque chose qui embarassait d'autres personnes, je leur disais "rien à braîre" et je le fesais. Si quelqu'un ne m'interessait pas, je le regardais pas, même du coin de l'oeil. J'avais de la conversation. J'étais capable de supporter des choses qui, maintenant, pour la moitié me mettraient KO pour au moins 2 semaines. J'étais plus fort et intelligent. J'avais des choses à offrir. Mais sur ce chemin sans fin...
Maintenant je suis une personne de plus parmi des milliards qui n'a dans son emballage eXtérieur tendance que des mémoires aigries et essorées à offrir. Je me rends compte que je n'ai plus une seule chose de particulier. Juste une personne de plus.
Encore et encore.
C'est pourtant pas si révolutionnaire, et pourtant...
Alors on y va pasqu'on est obligé. On se lève le matin, mais on arrive pas à se réveiller pasqu'on est démotivé. On se pointe en cours pasqu'on est obligé. On cotoie des gens dont on n'a que faire, pasque c'est mieuX que de réster tout seul. On fait aucun effort pour les connaître, pasqu'on est profondemment mal. On rentre chez soi encore plus épuisé, pasque c'est usant ce putain de lycée. Et là, quand on te propose de faire quelque chose, tu refuses, et finis par bousiller les derniers liens qui eXistent avec l'eXtérieur, avec des gens que tu aimes, avec qui tu as passé tellement de temps et d'amour. Pasque c'est comme ça.
Je suis une sorte d'handicapé, incapable de faire autrement ce qu'il fait.
Je me sens pétrifié. Pas de peur, plutôt comme une statue. Je suis coincé, stucK. J'arrive pas à avancer, à aller de l'avant. Et pourtant j'en ai des possibilités. Faire des rencontres, découvrir de nouvelles choses, mais non. Une sorte d'état lethargique (auto-)déstructeur. Et puis quand je me dis que trouver un copain pourrait peut-être m'aider, je me rends compte que c'est juste pas possible, puisqu'en ce moment je suis invivable. Je suis vraiment coincé de tous côtés. Et je vois le temps qui passe à tout vitesse, sans pouvoir bouger mon putain de petit doigt.
Et puis c'est l'air du temps. Personne le dit, mais tout le monde le sait. Les vacances de Pâques étant passées, on sait qu'il n'y plus de vacances et que la prochaine étape est le BAC. Que donc, c'est les derniers moments, que le lycée on va bientôt lui dire adieu. Par eXtansion Avignon aussi. Et puis y'a aussi toutes ces insciptions, jusqu'à en s'en rendre malade. Voir les gens s'orienter, avoir des convictions, savoir où ils vont aller, savoir ce qu'ils vont faire, savoir ce qu'ils vont gagner comme argent, alors que toi tu rèstes planté là, à attendre. On risque de perdre tous les repères jusqu'à présent établis. Ok, c'est p'tête pas si terrible, mais quand même, c'est pas négligeable. Ca va prendre une part importante de la vie à venir. Tout reconstruire encore et encore. Pour tout effacer et reconstruire encore et encore. Et sur ce chemin sans fin, viens, on y va nous aussi...
(Je suis enfermé dans les libertés de ma propre vie. Si ma liberté s'arrête là où commence celle des autres, je serais bien tenté d'aller faire un tour chez les autres, mais je suis même pas sûr de pouvoir y trouver de quoi me satisfaire.)
Et puis regarder aussi ces gens se bouger pour sauver l'éducation. Peut-être que c'est bien d'avoir des convictions comme ça. Peut-être qu'il faudrait que j'y prenne part. Mais ça semble bien ridicule vu d'ici. Et pendant ce temps-là, la loi sur les OGM est en train de passer sans que personne ne cligne des yeuX, alors que ça me met hors de moi, et me hérisse les cheveuX sur la tête. Mais tout le monde s'en fout. Les postes dans l'Education Nationale sauvés par les élèves c'est bien plus important que savoir que si cette loi passe, c'est la porte ouvèrte à la surpuissance d'une multinationale avec la disparition du naturel et des plans modifiés par défaut. Une reconnaissance à vie, sur plusieurs générations. Mais bien sûr on s'en fout. Et tout ce petit bout de monde s'agitte sans cohérence, en criant dans toutes diréctions, comme une fourmiliére vue du dessus en mode sound off. Et sur ce va et vient sans fin, viens, on y va nous aussi...
Et parallèlement; on essaye de notre mieuX de reconstuire notre vie. Quand quelqu'un s'en va, on le remplace. Des fois c'est mieuX. Des fois moins bien. Si c'est moins bien, on le fait s'en aller, encore. Et encore. On rebatit notre château sur ses failles. On trimbale nos vies cabossées en essayant de faire avec en se disant qu'après tout c'est pour tout l'monde pareil. Qu'il faut pas se laisser abbatre. On se dit aussi qu'avec le temps et l'eXpérience tout n'ira que mieuX. Sauf que non. A force d'avancer, j'ai tendance à regarder en arrière, et ce, de plus en plus. Il n'est plus rare de m'entendre parler d'il y a 2, 3, voir 5 ans en arrière. Est-ce que tout était mieuX ? J'en suis même pas sûr, puisque j'ai eu de nombreuX problèmes, mais, je sais pas, je me trouvais mieuX avant. J'étais certes plus jeune, mais plus vrai. Je fesais tout comme je le sentais. Si j'avais pas envie de faire quelque chose je le fesais pas. Si j'avais envie de faire quelque chose qui embarassait d'autres personnes, je leur disais "rien à braîre" et je le fesais. Si quelqu'un ne m'interessait pas, je le regardais pas, même du coin de l'oeil. J'avais de la conversation. J'étais capable de supporter des choses qui, maintenant, pour la moitié me mettraient KO pour au moins 2 semaines. J'étais plus fort et intelligent. J'avais des choses à offrir. Mais sur ce chemin sans fin...
Maintenant je suis une personne de plus parmi des milliards qui n'a dans son emballage eXtérieur tendance que des mémoires aigries et essorées à offrir. Je me rends compte que je n'ai plus une seule chose de particulier. Juste une personne de plus.
Encore et encore.


